L'excellent groupe de rock français Eiffel vient de sortir son quatrième album studio et, me semble-t-il, on peut dire que je me suis jeté dessus tel un chien sur son jouet qui couine.

atoutmoment

Fi de la lenteur avec laquelle je digère chaque disque que ma bourse m'autorise à insérer dans mon lecteur, j'ai pu constater dès la première écoute l'évolution musicale du groupe. Le panel de chansons intimistes qu'offrait Tandoori (l'album précédent) a disparu ; les guitares électriques acérées sont toujours présentes, mais elles sont bien plus souvent entourées par un clique d'instruments variés.

Pour le fond, Romain Humeau (puisqu'en plus du chant, la composition et l'écriture sont essentiellement son oeuvre) assume plus que jamais ses inspirations en invitant Bertrant Cantat comme choriste (sur le single radio-diffusé A tout moment la rue) ou en déclamant ses paroles tel Léo Ferré (Je m'obstine). Comme d'habitude, les textes sont riches en allégories, en jeux de mots et en références (plus ou moins dans le champ de ma culture générale d'ailleurs, ainsi j'ai découvert le "tube long et creux" de Boris Vian), et on a même droit à la mise en musique d'un poème du célèbre poète maudit François Villon (Mort j'appelle ; là je fais comme si je connaissais mais en fait je découvre).

Si j'avais un reproche à faire à cet album, puisque rien n'est jamais parfait, c'est à propos de l'emphase qu'il dégage de manière générale, parfois dans les arrangements musicaux, parfois dans le lyrisme employé dans le chant. Une chose est claire, ce n'est pas un disque que l'on met comme musique de fond lors d'une soirée entre amis, c'est plutôt une tranche d'exaltation poétique et de colère qui gronde. Et j'adhère.