Bon, je voulais faire cette chronique en un seul long post, mais devant le temps que ça me prend je me résigne à la morceler histoire de faire vivre un peu le blog.

Dimanche prochain, Tryo se produit à Bourges. Vous je ne sais pas, mais moi j'ai vachement de mal à apprécier un concert dont je ne connais pas les chansons avant (à part pour Katerine que j'ai découvert il y a trois ans, déjà à Bourges, au moment où son titre phare Louxor j'adore commençait à être martelé sur des radios que je n'écoutais pas). J'ai donc fait l'acquisition de leur dernier album, sans trop d'appréhension puisque j'ai adoré le précédent, et j'apprécie de celui-ci les chansons radiodiffusées.

cequelonseme

Ce que l'on sème est son titre (je me serais épargné une phrase s'il était sur la pochette), et pas de doute, c'est du Tryo (ouah, la remarque qualitativement énigmatique !). Ce que je veux dire par là, c'est qu'on y retrouve leurs thèmes fétiches (critiques politiques et sociales de la France et d'ailleurs, environnement, esprit roots) et leur coup de guitare … agréable mais pas inimitable, et d'ailleurs ils fournissent les tablatures avec les paroles des chansons. Cependant, un certain nombre de morceaux de cet album sont (à mon avis) très judicieusement agrémentés de sonorités alternatives : un peu de samba sur Quand les hommes s'ennuient, des percussions et choeurs « à l'indienne » sur Mrs Roy (l'un des morceaux forts de l'album à mon sens), un parlé très rythmé qui me rappelle les duels de tchatche des Fabulous Trobadors sur Marcher droit … mais passons.

Première chanson marquante : El dulce de leche

Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet renverse par la force le gouvernement chilien du président Salvador Allende. Il s'installe au pouvoir et entame une ère de répression au Chili, visant principalement les suspectés partisans du président déchu. Des milliers de personnes sont torturées ou assassinées (ou les deux !), des milliers d'autres s'exilent pour échapper à ça ; on peut dénombrer près de dix mille réfugiés chiliens en France dans les années 70. Le régime Pinochet durera jusqu'en 1998. Cette chanson mélancolique nous met dans la peau d'un réfugié chilien en France, avec son errance interminable et toutes les souffrances morales que cela implique, la principale étant le mal du pays. « El dulce de leche » est la version sud-américaine de la confiture de lait.